Scalian, un groupe de spécialistes

« Quand le Handicap se dissout dans l’eau »

A la ville, Jean-Christophe Pinard est un Chef de projet Qualité œuvrant pour le compte de Scalian chez Airbus Helicopters. A la mer, il est Responsable de la Commission Handisub*CODEP 13.
La plongée est sa passion depuis toujours et depuis 2011, il la partage avec des personnes en situation de handicap.

Sous l’eau, il y a des poissons et des plongeurs
A écouter Jean-Christophe, rien ne doit empêcher la pratique de la plongée sous-marine, pas même un handicap.
Les bases sont posées. Plonger est la seule activité permettant à des personnes en fauteuil roulant de s’en libérer, affirme-t-il. Au-delà des handicaps moteurs, toutes les autres formes de handicaps (sensoriels, mentaux, cognitifs et psychiques) sont concernées.
Le rôle d’Handisub est de permettre à tous de vivre des instants magiques sous l’eau. Il peut en attester du haut de ses 7 années de sorties, de formation et d’accompagnement. Pour pratiquer, il suffit de présenter un certificat médical de non-contradiction à la pratique de la plongée sous-marine. Le reste est une affaire de logistique et d’organisation.

Se libérer du handicap
Jean-Christophe reconnaît que les baptêmes de plongée sont souvent des moments de plaisir chargés en émotion lors de la découverte des faune et flore sous-marines, mais aussi grâce à la sensation d’apesanteur ressentie dans l’eau qui confère au plongeur une perception nouvelle de son corps et de sa mobilité dans un espace 3D.

Dès la première rencontre, le rôle du moniteur est de comprendre les attentes du plongeur. Il doit anticiper ses craintes, ses besoins et l’accompagner sans pour autant agir à sa place. Au cours de l’immersion, un véritable échange s’opère entre plongeur et accompagnant. Une relation de confiance s’établit entre les protagonistes. En général, la remontée à la surface est un instant vécu de manière très intense tant pour le plongeur néophyte que par l’accompagnant. Il se passe vraiment quelque chose au fond de l’eau.

Des encadrants spécifiquement formés
Pour Jean-Christophe, qui est également conseiller technique fédéral régional Plongée PACA auprès de la Fédération Française Handisport, la sécurité est primordiale. La formation des encadrants est un point très important au sein de l’organisation.

Ils sont plus de 1200 moniteurs formés et actifs dans les 350 clubs de la Fédération Française d’Etudes et de Sports Sous-Marins (FFESSM), en capacité de recevoir des plongeurs en situation de handicap à travers la France. Le travail de ces bénévoles permet à des personnes présentant des handicaps mineurs et majeurs d’accéder aux activités sportives et de loisirs (Loi du 11 février 2005 pour l’égalité des droits et des chances). Toutes les conditions de sécurité doivent être observées, car le matériel utilisé est conventionnel mise à part des modifications d’usage si besoin.

Plonger en soi
Parmi les nombreux bénéfices qu’offre la pratique de la plongée sous-marine, les premiers visibles chez les plongeurs sont le plaisir, l’apaisement et le dépassement du handicap. La mixité des populations handicapées et valides sous l’eau, le fait même de pouvoir vivre l’expérience a un effet très positif sur le plongeur, son estime de soi se trouve renforcée et le motive souvent à s’investir dans cette discipline.

Sur le plan médical et physique, un entraînement régulier peut renforcer les systèmes cardio-respiratoire et musculaire.
Enfin, tout simplement, plonger offre du plaisir aux participants dans le cadre de la pratique d’une activité sportive, qu’ils soient valides ou pas. Partager et vivre l’instant présent ensemble permet au « handicap de se dissoudre dans l’eau » !

*Handisub regroupe 3 fédérations (FFESSM, FFH et FFSA) – Pour en savoir plus : https://bit.ly/2QBIvES 

En quelques mots 

« La pratique de la plongée HandiSub est vécue par tous les encadrants, moi y compris, comme une activité humainement très enrichissante. Elle nécessite une organisation détaillée et adaptative, le pilotage d’une équipe et la mise en pratique d’une pédagogie individualisée intégrant les différences de chacun. Un environnement qui me parle, me passionne. Cette activité m’apporte aussi de nombreuses émotions vécues personnellement ou transmises par le plongeur envahi de sensations positives inconnues et qui affiche un large sourire. Ces moments sont exaltants pour tout encadrant partageant sa passion surtout avec un public qui se pensait exclu de la pratique de ce sport. »

Jean-Christophe Pinard